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Contexte
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La consommation excessive d'alcool est la seconde cause de décès évitables en France, après le tabagisme, avec environ 45 000 victimes par an, soit près d'un décès sur onze.
En 1994, le Haut comité de la santé publique (HCSP) recommandait de mener des actions de lutte contre l'alcoolisme, avec comme objectif principal de diminuer de 20% la consommation moyenne annuelle d'alcool par adulte. Cet objectif a été réaffirmé dans la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique en France (objectif 1) et complété par celui de « réduire la prévalence de l'usage à risque ou nocif de l'alcool et de prévenir l'installation de la dépendance » (objectif 2). En Ile-de-France, parmi les trente objectifs du programme régional de santé publique 2006-2010, l’objectif 18 recommande de « développer le repérage et la prise en charge précoce des usages à risque dans le domaine des addictions […] notamment des consommations les plus répandues : alcool, tabac, cannabis et médicaments psychotropes ».
Actuellement, un consensus existe selon lequel il y aurait une surmortalité au-delà de deux à trois verres d'alcool consommés en moyenne chaque jour. Il apparaît donc nécessaire d'inciter les individus à limiter leur consommation d'alcool en tenant compte de ce seuil au-delà duquel la consommation comporte des risques pour la santé. Chez les femmes, cette consommation à risque est définie au-delà de 14 verres d'alcool consommés par semaine (c'est-à-dire plus de deux verres d'alcool par jour en moyenne) et chez les hommes au delà de 21 verres d'alcool par semaine (c'est-à-dire plus de trois verres d'alcool par jour en moyenne).
L'un des axes de la politique publique mise en œuvre pour lutter contre la consommation excessive d'alcool porte notamment sur la formation et la sensibilisation des professionnels de santé au diagnostic des personnes ayant une consommation d'alcool à risque, notamment à travers un outil, le Repérage précoce intervention brève (RPIB). Le diagnostic, établi avant le stade de l'alcoolo-dépendance, peut en effet permettre de proposer une prise en charge spécifique et précoce.
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Différentes études et principaux résultats
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Dans le cadre de la mise en place du Programme régional de santé (PRS) sur les addictions 2002-2006 inscrit parmi les priorités de la Conférence régionale de santé de 2001, l'Observatoire régional de santé d'Ile-de-France a été sollicité pour établir un état des lieux des informations disponibles relatives aux problèmes de consommation de psychotropes, dont l'alcool, le tabac, le cannabis et les autres substances psychoactives, en vue de dégager les grandes orientations de la politique de prévention des addictions en Ile-de-France ( Produits psychoactifs en Ile-de-France, Synthèse du document de travail réalisé pour le PRS addictions, 2002).
Cet état des lieux a montré, chez les jeunes, que l’évolution de la consommation d’alcool au cours de la décennie 1990-2000 se caractérisait par une augmentation de la proportion de jeunes ayant déjà expérimenté l'alcool et une diminution des consommations régulières d'alcool au profit de consommations plus occasionnelles. Les jeunes d’Ile-de-France sont moins nombreux à consommer de l’alcool que ceux des autres régions quel que soit le niveau considéré de consommation d'alcool. Chez les adultes, la proportion de consommateurs réguliers d’alcool n’a que faiblement diminué depuis 1980. En revanche, une légère augmentation des consommateurs occasionnels est observé. D’autre part, bien que le vin demeure la boisson alcoolisée la plus consommée chez les adultes, une diminution constante de sa consommation depuis les années 60 est notée. Les consommations d'alcool sont davantage occasionnelles et les produits consommés plus diversifiés qu'auparavant. Les disparités entre sexe sont importantes : la consommation régulière et les ivresses répétées sont plus fréquentes chez les hommes et les problèmes de dépendance liés à l'alcool ainsi que les quantités consommées sont plus élevés chez les hommes.
L’Observatoire régional de santé d’Ile-de-France a conduit en octobre 2000 une enquête auprès des patients des médecins généralistes franciliens, afin de mesurer la prévalence des consommateurs excessifs d'alcool ayant ou non une dépendance à l'alcool et de mieux définir leurs caractéristiques tant démographiques, que sociales ou médicales ( Enquête alcool auprès des patients de médecins généralistes libéraux en Ile-de-France. 2002). Cette enquête a montré que les consommations excessives d'alcool, surtout celles avec une dépendance, sont fortement associées à des caractéristiques professionnelles, familiales, sanitaires et résidentielles particulières indiquant une certaine désinsertion sociale, des conditions de vie précaires, une santé plus vulnérable ainsi qu'une consommation de tabac très sensiblement plus élevée. Cette enquête a également montré que, malgré les conditions de l'enquête qui permettaient aux médecins d'interroger chaque patient sur ses habitudes de consommation d'alcool à travers sept questions, près de la moitié des patients ayant une consommation excessive n'ont pas été repérés par le médecin comme ayant un problème avec l'alcool. Ceci souligne la nécessité qu'il y a d'améliorer la qualité du diagnostic en alcoologie, en particulier en médecine ambulatoire.
Enfin, dans le cadre de la mise en place du Programme régional de santé relatif à la prévention de l’alcoolisation excessive, la Caisse régionale d’assurance maladie de l’Ile-de-France (CRAMIF), conjointement avec l’Education nationale, a sollicité l’ORS pour mettre en place un programme pilote de prévention de l’alcoolisation chez les jeunes collégiens, appelé CAPRI, Collèges et Addictions, Programme Régional Inter-académique ( Evaluation sur trois ans du programme CAPRI de prévention des addictions, 2004). Le programme CAPRI avait pour principal objectif d’aider les jeunes à « adopter des attitudes et des comportements responsables et d'indépendance vis-à-vis de la consommation d'alcool et à plus long terme de réduire la consommation excessive d’alcool et d’autres produits psychoactifs ». L’évaluation a permis de mettre en évidence, chez les élèves bénéficiaires de l’action, une amélioration des connaissances relatives à l’alcool et à ses risques, ainsi qu’aux autres produits psychoactifs et un bon niveau de compétences psychosociales, qui se réfèrent à leurs capacités à faire face à une situation potentiellement à risque, à l’analyser et à faire le meilleur choix possible. En revanche, d’autres résultats sont peu probants, puisque l’évaluation a montré que le programme CAPRI n’avait pas permis d’infléchir les niveaux de consommation d’alcool, ni des autres produits psychoactifs.
Le dispositif TREND, Tendances récentes et nouvelles drogues, mis en œuvre chaque année à Paris par l’ORS Ile-de-France ( Trend Paris 2002, Trend Paris 2003, Trend Paris 2004, Trend Paris 2005, Trend Paris 2006, Trend Paris 2007, Trend Paris 2008) apporte également quelques éléments d’informations sur les consommations d’alcool, notamment dans les espaces festifs. Les observations conduites en 2007 montrent que l’alcool est le produit psychotrope le plus accessible, le plus disponible et le plus consommé dans les espaces festifs. L’usage orienté vers la recherche d’ivresse (ou binge drinking) semble de plus en plus fréquent, notamment chez les plus jeunes. Les premières consommations importantes d’alcool interviendraient plus tôt qu’auparavant, vers 13-14 ans. Les usages des plus jeunes se tourneraient principalement vers les premix et la bière (souvent mélangée à du sirop de pêche). Ces boissons seraient appréciées pour leur forte teneur en sucre, masquant le goût de l’alcool. Compte tenu de l’âge de ces usagers, les contextes de consommation sont assez différents de ceux des usagers plus âgés. En effet, ces jeunes de 13-14 ans sont domiciliés chez leurs parents et ont de ce fait davantage de contraintes concernant les horaires que leurs aînés. S’ajoutent aux contraintes temporelles, les autres contraintes dues à l’âge de ces usagers qui ne peuvent pas fréquenter les bars, les clubs, etc. Les contextes de consommation possibles induisent donc des pratiques consistant souvent à maximiser les effets dans un laps de temps réduit, renvoyant à l’idée du binge drinking.
Les usages d’alcool parmi les jeunes sont également abordés à travers les différentes exploitations régionales réalisées par l’ORS Ile-de-France des enquêtes Baromètre Santé de l’INPES (voir à ce sujet La santé des jeunes).
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Publications
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Grémy I, Wu-Zhou X. Brouard C., Embersin C, Chardon B., Evaluation sur trois ans du programme CAPRI de prévention des addictions, Suivi des collégiens de la cinquième à la troisième, Rapport ORS Ile-de-France, 2004, 149 p.
Halfen S., Vongmany N., Grémy I., Enquête alcool auprès des patients des médecins généralistes libéraux en Ile-de-France, Rapport ORS Ile-de-France, Février 2002, 63 p.
Grémy I., Halfen S., Brouard C., Vongmany N., Pépin Ph., Produits psychoactifs en Ile-de-France : Etat des lieux des données disponibles pour le PRS addictions, Document de travail, Décembre 2001, 320 p.
Halfen S., Grémy I., Vallauri Cl., Usages des produits psychoactifs et conduites associées chez les jeunes en Ile-de-France, Bulletin de santé, n° 2, Mai 2000, 8 p.
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Dernière mise à jour: 01/12/2009
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