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La pollution de l’air intérieur, déterminants et effets sur la santé La qualité de l'air intérieur est influencée par la pollution en provenance de l'extérieur et par des sources intérieures imputables aux occupants et à leurs activités (bricolage, ménage, utilisation d'appareils de combustion, présence d'animaux domestiques), mais aussi à certains matériaux de construction et au mobilier. Les principaux contaminants de l’air intérieur sont des composés chimiques tels que la fumée de tabac, les produits de combustion (NO2, SO2, CO, particules…), les composés organiques volatils (COV, formaldéhydes), ou biologiques tels que les moisissures et les allergènes d’acariens ou d’animaux domestiques.
L’exposition aux polluants présents dans l’air intérieur, essentiellement par inhalation, est susceptible d’avoir des effets sur la santé. Les pathologies du système respiratoire (rhinites, bronchites, asthme…) sont celles le plus souvent rapportées. Beaucoup de ces manifestations sont de nature allergique. L’asthme, dont la prévalence en France est estimée à 6 %[1], est en effet une des affections le plus souvent corrélée à la qualité de l’air intérieur. A côté de ce risque allergique, ces polluants peuvent être responsables d’effets irritatifs, toxiques ou cancérigènes.
Les teneurs en polluants sont conditionnées notamment par le taux de renouvellement d’air lié à la ventilation. A ce titre, la campagne nationale « logements »[2] de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) a montré une meilleure maîtrise des conditions d’aération grâce aux systèmes mécanisés dans les logements les plus récents. Toutefois, ceux-ci accusent fréquemment des dysfonctionnements qui limitent fortement leur fiabilité. Par ailleurs, le comportement des occupants est apparu comme jouant un rôle déterminant dans l’aération des logements au travers de stratégies spontanées d’ouverture des fenêtres et des portes y compris en période de chauffage.
L’humidité constitue par ailleurs un facteur de dégradation de la qualité de l’air intérieur. Une humidité excessive favorise en particulier la prolifération de moisissures et d’acariens. A ce titre, 37 % des logements pourraient être contaminés par les moisissures d’après les résultats de l’OQAI. L’Ile-de-France, caractérisée par l’importance de son parc de logements anciens (environ 33 % des résidences principales datent d’avant 1949) et par l’importance du taux de surpeuplement (19 % contre 9 % en moyenne nationale en 2006), pourrait être particulièrement concernée par ce problème. D’après l’enquête sur les conditions de logement en Ile-de-France[3] en 2006, 21 % des ménages interrogés ont fait état de traces d’humidité sur les murs de leur logement, l’humidité constitue ainsi la première cause d’inconfort. Les résultats du Baromètre santé environnement 2007[4] sont assez similaire, avec 17 % des Franciliens déclarant avoir des problèmes d’humidité dans leur logement, et mettent par ailleurs en évidence que ces problèmes concernent plus particulièrement ceux ayant les revenus les plus faibles (22 % des Franciliens ayant moins de 900 euros par mois par unité de consommation contre 12 % de ceux ayant au moins 1500 euros). Étant donné que l’habitat relève de la sphère privée, il est difficile de connaître les niveaux de polluants couramment rencontrés. Cependant, il a été démontré dans la campagne de l’OQAI que l’air intérieur pouvait s’avérer parfois plus pollué qu’à l’extérieur avec la présence de certaines substances non observées à l’extérieur ou des concentrations nettement plus importantes à l’intérieur. A ce titre, Le pourcentage de logements français ayant des teneurs en COV (hors éthers de glycol) plus élevées à l’intérieur du logement qu’à l’extérieur varie entre 68 % (trichloroéthylène) et 100 % (formaldéhyde et hexaldéhyde).
La mauvaise qualité de l’air intérieur est par ailleurs souvent liée à la médiocre qualité des habitats et à leur sur-occupation, la plupart du temps en relation avec un statut social peu privilégié.
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