Expertise

Au fil des années, l’ORS Ile-de-France a développé une expertise sur le bruit et ses effets sur la santé, notamment suite à la demande du Conseil régional. En effet, l’ORS a été sollicité pour évaluer la faisabilité d’une étude épidémiologique dans la région. Ce travail a donné lieu d’une part, à la publication d’une synthèse des connaissances sur les effets sanitaires et les données disponibles en ce qui concerne l’exposition des Franciliens aux différentes sources de bruit en 2005 et d’autre part, au lancement d’un appel d’offre pour la réalisation d’une étude épidémiologique « bruit et santé » en Île-de-France. L’enquête ETADAM (Etudes des Troubles Anxio-Dépressifs et Autres Maladies) a ainsi été réalisée par Open Rome.

L’ORS Ile-de-France fournit donc aux décideurs un éclairage sur la question des effets sanitaires du bruit très prégnante en Ile-de-France. A ce titre il participe à divers groupes de travail et fait partie du Conseil d’administration de Bruitparif.

Les différentes études

A côté de la veille permanente réalisée sur ce sujet, l’ORS Ile-de-France a exploité les données du Baromètre santé environnement 2007 de l’Inpes (renvoi vers la rubrique perception). Ce travail a permis d’améliorer la connaissance des perceptions de la population à l’égard des risques sanitaires liés au bruit (lien vers le rapport).

Plus récemment, en 2011, l’ORS et Bruitparif (Observatoire du bruit en Ile-de-France) ont réalisé une première estimation de l’impact sanitaire attribuable au bruit environnemental lié aux transports dans l’agglomération parisienne.

 

Impact sanitaire du bruit dans l’agglomération parisienne : quantification des années de vie en bonne santé perdues

Afin de quantifier les impacts sanitaires du bruit sur la population de l’agglomération parisienne, l’Observatoire Régional de Santé Ile-de-France et Bruitparif se sont appuyés sur la méthode de quantification des DALYs (disability-adjusted life-years) décrite par l’OMS [1]. Celle-ci permet d’évaluer la charge de morbidité au moyen de l’indicateur quantitatif des « années de vie e n bonne santé perdues ».

En utilisant les données disponibles à la commune (tant pour l’exposition au bruit que pour les indicateurs sanitaires) et en appliquant la méthode proposée par l’OMS, les équipes ont obtenu une première estimation a minima de l’impact sanitaire du bruit environnemental lié aux transports. Au total, de l’ordre de 66 000 années de vie en bonne santé seraient perdues par an dans l’agglomération parisienne. Le principal effet sanitaire de l’exposition au bruit environnemental correspond aux troubles du sommeil, qui représente à lui seul près de deux tiers des années perdues. La gêne est le deuxième effet sanitaire avec plus de 25 000 années de bonne santé perdues.

Le bruit routier constitue la principale source de morbidité. En effet, en totalisant 58 000 DALYs, le bruit routier concentre à lui seul 87 % des estimations de pertes d’année de vie en bonne santé dans l’agglomération parisienne. Il faut néanmoins prendre avec précaution les évaluations faites quant au bruit aérien (qui ne représente qu’un peu plus de 4 % des DALYs), l’utilisation de l’indicateur Lden ne suffisant pas à retranscrire à lui seul l’exposition de la population à des sources de bruit présentant un caractère évènementiel tel que le trafic aérien. Le nombre de Franciliens potentiellement impactés par les nuisances du trafic aérien avait été évalué par Bruitparif dans le cadre de l’étude SURVOL [2]. à plus de 1,7 millions d’habitants, ce chiffre est en effet bien plus important que celui concerné par des dépassements de la valeur réglementaire de 55 dB(A) en Lden (de l’ordre de 350 000 habitants en Ile-de-France d’après les travaux de consolidation des cartes stratégiques du bruit dans l’environnement).


A noter que ces estimations des années de vie en bonne santé perdues du fait du bruit reposent sur l’utilisation de données d’exposition issues des premières cartographies du bruit produites en application de la directive européenne 2002/49/CE. Ces données doivent réglementairement être mises à jour en 2012. Ce sera l’occasion d’uniformiser les méthodes d’estimation et d’améliorer quantitativement et qualitativement les données d’entrée des modèles de prédiction du bruit. Ainsi, une nouvelle évaluation des DALYs pourra être produite sur la base de données d’exposition plus représentatives, au terme des travaux de mise à jour des cartes stratégiques du bruit, ainsi que des dernières avancées en termes de méthode d’évaluation proposée par l’OMS.

 

[1] Burden of disease from environmental noise - Quantification of healthy life years lost in Europe, WHO 2011 / Charge de morbidité imputable au bruit environnemental : quantification du nombre d’années de vie en bonne santé perdues en Europe, publié le 30 mars 2011.

[2] Rapport d’étape Etude SURVOL – Volet bruit, Bruitparif, janvier 2011.

 

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