NOS PUBLICATIONS

Auteurs : Edouard Chatignoux, Aurélie Cazenave et Philippe Pépin


La France a connu au cours des dernières décennies des vagues de chaleur intense qui se sont accompagnées d'une augmentation de la mortalité. Avant 2003, la sur-mortalité liée à ces vagues de chaleur, a été peu remarquée et n'a jamais entraîné de modification des comportements collectifs et individuels face aux fortes chaleurs, hormis quelques initiatives localisées dans les régions méridionales les plus chaudes. Pendant les quinze premiers jours d’août 2003, la France, comme une grande partie de l’Europe, a connu un épisode caniculaire dont l’intensité, la durée et l’étendue géographique ont été exceptionnelles. Cet été fut le plus chaud depuis 1950 et des niveaux de température jamais atteints depuis le début des enregistrements de Météo France ont été dépassés dans plusieurs régions. Les températures maximales ont atteint 35°C, voire 40°C, pendant plus de dix jours consécutifs sur la majeure partie du territoire tandis que les températures nocturnes restaient dans le même temps anormalement élevées. Cet événement a été à l’origine d’une catastrophe sanitaire, avec près de 15 000 décès en excès en France dont 5 000 pour la seule région Ile-de-France(1). Cette vague de chaleur et ses conséquences sanitaires ont rappelé la fragilité de certaines populations, notamment les personnes âgées, en cas de fortes chaleurs et souligné le manque de préparation et d’anticipation collective face à un événement soudain d'une telle ampleur en France. Dans le double contexte de vieillissement démographique et de réchauffement climatique laissant craindre à l'avenir de plus en plus d'étés très chauds, cet événement a révélé la nécessité de mettre en place un "Plan National Canicule"(2). Celui-ci était opérationnel dès l'été suivant, en 2004, et il est reconduit et complété chaque été depuis. Il comprend des dispositifs visant la protection des personnes les plus vulnérables, un volet information du public, une veille météorologique(3) en période estivale ainsi qu’un système de suivi non spécifique intégrant de nombreuses données sanitaires. Face à un épisode caniculaire, il y a donc en France un “avant 2003” et un “après 2003”. En juillet 2006, la France a connu un nouvel épisode caniculaire, le premier depuis 2003. Sur l'ensemble du mois, 2 000 décès en excès ont été observés sur le territoire métropolitain. Une équipe de l'Inserm a développé un modèle statistique(4) quantifiant les liens entre température et mortalité. Selon ce modèle, 6 500 décès auraient été observés en juillet 2006 dans le cadre d'une relation entre température et mortalité identique à celle observée depuis quarante ans. La différence, environ 4 500 décès évités, suggère que le risque lié aux fortes chaleurs a été moindre en 2006 qu'avant 2003. Compte tenu de l’ampleur exceptionnelle de la catastrophe sanitaire de 2003 dans la région francilienne et de l'intensité de la canicule de 2006 (la période allant du 17 au 31 juillet 2006 fait partie des quatre périodes les plus chaudes qu'ait connues l'Ile-de-France depuis quarante ans) l’Observatoire régional de santé d’Ilede-France s’est rapproché de l’Inserm afin de reproduire cette étude sur le territoire francilien. Cette plaquette en présente les principaux résultats. En complément, un rapport détaillant l’analyse statistique est disponible en téléchargement sur le site de l’ORS.

Août 2009, 72 pages


Télécharger le rapport

rapport de l'observatoire régional de santé d'Île-de-FranceTélécharger le document de synthèse


Rechercher dans nos publications