Auteurs : Corinne PRAZNOCZY

 

L’Ile-de-France est une région riche, avec de forts contrastes sociaux et territoriaux1 . Le revenu moyen francilien par unité de consommation2 est nettement plus élevé que le revenu moyen national (23 871 euros contre 19 248 euros en 2005 ). Les revenus moyens sont particulièrement élevés à Paris, dans les Hauts-de-Seine et dans les Yvelines, alors que la Seine-Saint-Denis se situe bien en dessous de la moyenne nationale. Ces inégalités ont tendance à se renforcer avec le temps, contribuant à une partition toujours plus marquée du territoire francilien, pouvant se résumer par une situation favorisée dans le sud-ouest et plus difficile dans le nord et l’est de la région, qui accueillent beaucoup de quartiers en zone urbaine sensible. Ce qui n’exclut pas des communes ou des quartiers en difficulté dans le sud-ouest et des secteurs aisés dans le nord et l’est de la région. Ces inégalités territoriales qui résultent de facteurs individuels et sociaux d’organisation des quartiers ne sont pas sans conséquence sur la santé des habitants comme le montrent des indicateurs généraux de santé (espérance de vie, mortalité prématurée3 ) globalement plus favorables dans les secteurs favorisés économiquement. Dans ce contexte, la mise en place de programmes territoriaux de santé publique, basés sur les priorités locales, est un des éléments participant à la réduction des inégalités de santé, en particulier lorsque ces programmes bénéficient d’un soutien (financier ou autre) au niveau régional et/ou national. Les territoires de proximité et la diminution des inégalités ont été une priorité de la politique de santé publique au travers de la loi du 9 août 20044 mais également de la politique de la ville, avec la création des Ateliers Santé ville (ASV). La loi portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (loi HPST) a prévu que la mise en œuvre du projet régional de santé pourra faire l’objet de contrats locaux de santé. Ces contrats seront conclus par les Agences Régionales de santé (ARS), notamment avec les collectivités locales et leurs groupements, et porteront sur les politiques de soins et l’accompagnement médico-social, ainsi que sur sur la promotion de la santé et la prévention. Mais quels sont aujourd’hui les dispositifs existants qui permettent d’affirmer une politique locale de santé ? Comment est décliné le Plan régional de santé publique au niveau des territoires ? L’existence d’un dispositif formalisé est-il nécessaire pour qu’il existe une politique locale de santé publique dynamique ? C’est pour répondre à ces questions que l’ORS a mis en place une étude, avec pour objectif de recenser les différents dispositifs existants, les territoires couverts et les thématiques retenues en Ile-de-France, ainsi que leur articulation avec le Plan régional de santé publique. Les dispositifs présentés se basent sur la démarche de programmation en santé publique : état des lieux et diagnostic partagé, définition des priorités, plan d’actions, mise en œuvre, évaluation. Ces dispositifs peuvent être à l’initiative de l’état (politique de la ville, …), de l’Assurance maladie ou des collectivités. Dans tous les cas, une démarche partagée avec les acteurs locaux est à la base des dispositifs. Cette publication présente les principaux résultats de l’étude, disponible sur le site internet de l’ORS

Octobre 2009


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