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Auteurs : Sandrine Halfen, Catherine Embersin-Kyprianou, Isabelle Grémy, Sylvie Fauvelot Mahier, 

 

A l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, et pour la 10ème année, l’Observatoire régional de santé d’Ile-de-France réalise un état des lieux de l’épidémie de VIH/sida dans la région. Cette année, l’ORS a choisi de développer la question des usagers de drogues face à l’épidémie de VIH/sida et face à l’infection due au virus de l’hépatite C (VHC). Après un bref point sur l’épidémie de VIH en Ile-de-France, ce Bulletin revient sur les effets de la politique de réduction des risques pour les usagers de drogues, précise les enjeux de la prise en charge du VIH dans cette population et de la co-infection VIH-VHC et montre notamment que des prises de risque infectieux existent toujours, en particulier chez les jeunes usagers de drogues. Nous avons choisi, pour ce Bulletin, d’avoir un point du vue du “terrain” par rapport à la politique de réduction des risques. Une dernière partie, réalisée par le Dr Sylvie Fauvelot Mahier pour l’Anitea (Association nationale des intervenants en toxicomanie et addictologie) Ile-de-France, est ainsi consacrée à l’évolution des pratiques de terrain en direction des usagers de drogues et aux nouveaux enjeux de la prévention par rapport au VIH/VHC. La politique de réduction des risques, initiée en 1987 avec la vente sans prescription de seringues, trouvera une véritable reconnaissance politique et un statut plus de quinze ans après, lorsqu’elle sera inscrite dans la loi de santé publique en 2004. Les succès de cette politique sont incontestables (diminution de l’usage d’héroïne, baisse du recours à l’injection et des pratiques de partage des seringues, baisse des décès par surdose, etc.) et en ce qui concerne l’infection à VIH, cette politique a entraîné une diminution des décès par sida grâce à l’accès des usagers aux traitements antirétroviraux et a permis de diminuer de façon notable les contaminations par le VIH. En revanche, cette politique n’a pas véritablement limité les contaminations par le VHC, ce qui s’explique notamment par une méconnaissance chez les usagers de drogues des modes de transmission du VHC et une persistance des pratiques de partage du petit matériel. Le recours au dépistage du VHC est encore insuffisant alors que cette infection concernerait entre la moitié et les trois quarts des usagers de drogues utilisant la voie injectable. L’accès aux traitements contre le VHC reste encore faible et redouté par les usagers de drogues. Les prises de risque infectieux semblent persister dans certaines populations (les jeunes, les personnes détenues), du fait de certaines conditions de vie (la précarité) ou dans des espaces spécifiques (espaces festifs). De nombreuses institutions, et notamment l’Anitea, soutiennent de nouveaux enjeux de réduction des risques, comme la prévention sur les lieux mêmes de consommation (lieux festifs, etc.), les salles de consommation à moindre risque, les programmes d’héroïne contrôlée ou encore la mise sur le marché de traitements de substitution injectables. Cependant, pour les usagers non substitués, la question de la réduction des risques en milieu carcéral reste entière. 

Décembre 2009, 8 pages


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