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Auteur : Sandrine Halfen

 

Faits marquants :

 

La confrontation des données permet de faire différents constats :

 

Un accès limité au marché du travail : les Rroms en Île-de-France sont Roumains ou Bulgares dans leur grande majorité. Bien que ressortissants de l’Union européenne depuis 2007, ils sont soumis à une « période transitoire » en matière d’accès au marché du travail dans dix États de l’Union, dont la France. Ces mesures limitent très fortement leurs possibilités de travailler dans ces pays et d’être en situation régulière de séjour.


Des conditions de vie instables et très souvent insalubres : en l’absence de ressources financières régulières et déclarées, l’accès à des logements est très limité. Tout semble indiquer qu’une large majorité des Rroms en Île-de-France vit sur des terrains dans lesquels les conditions de vie sont extrêmement insalubres : absence d’eau ou d’eau potable, d’électricité, de sanitaires, etc. Ces terrains, qui répondent à la définition usuelle donnée au terme de « bidonville », font fréquemment l’objet d’évacuation, renforçant la précarité des populations. Malgré l’errance subie, les populations sont relativement « territorialisées » dans certains départements ou dans certaines communes d’Île-de-France.


Des processus cumulés d’exclusion défavorables à la santé : la mobilité subie permanente (évacuation des bidonvilles, éloignement du territoire), les faibles possibilités d’insertion, les conditions de vies insalubres, l’accès limité au droit à la santé, l’accès tardif aux soins, les discriminations, y compris dans les institutions médico-sociales, contribuent à un état de santé très dégradé.


Une santé dégradée, aggravée par  un faible suivi médical : les pathologies rencontrées parmi les Rroms sont celles fréquemment observées parmi l’ensemble des populations en situation de grande exclusion, notamment : santé mentale fragilisée, prévalence élevée de maladies infectieuses (tuberculose, rougeole, coqueluche, etc.), chronicisation de certaines maladies (diabète, hypertension artérielle, maladies cardio-vasculaires, maladies respiratoires, obésité, etc.). Parmi les Rroms, un recours limité à la planification familiale est aussi noté ainsi qu’une faible couverture vaccinale parmi les enfants.


Un système socio-sanitaire montrant des limites face à l’accès aux soins des populations en situation de grande exclusion : notamment la sectorisation de certains services sanitaires et sociaux, le faible recours à l’interprétariat professionnel, les consultations exclusivement sur rendez-vous, le refus de certains professionnels sanitaires et sociaux d’aller sur les lieux de vie des populations Rroms pour initier une prise en charge, les refus de soins en médecine de ville pour certains bénéficiaires de la CMU/AME, etc. constituent autant de sources de renoncements à recourir aux soins.


Des actions sanitaires et sociales parfois mises en échec par des politiques aux logiques contradictoires : cette étude souligne les logiques parfois contradictoires des différentes politiques publiques, ainsi que la faible coordination au sein des institutions et entre celles-ci. Les Rroms se trouvent fréquemment au cœur de tensions entre les politiques migratoires, sécuritaires, sanitaires et sociales, etc. Cette insuffisante mise en cohérence des politiques aboutit à des moyens non négligeables mis au service d’actions sanitaires et sociales parfois mises à mal par d’autres politiques. Cela constitue, là aussi, autant de sources de renoncements à agir. 


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