Auteurs : catherine Embersin, Sandrien Halfen, Isabelle Grémy, Nathalie Lydié, Stéphane Delaunay

 

 

A l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, l’Observatoire régional de santé d’Ile-de-France réalise, comme chaque année depuis 1999, un état des lieux de l’épidémie de l’infection à VIH/sida dans la région. En 2006, il nous a semblé nécessaire de proposer des éléments de réflexion sur la question des jeunes face au VIH/sida et sur les stratégies de communication sur le VIH/sida auprès d’eux. L’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) a été associé à ce Bulletin de santé pour présenter quelques principes sur lesquels s’appuie la communication publique sur le VIH en direction des jeunes. En effet, en Ile-de-France, les jeunes de 15-24 ans représentent 8% des découvertes de séropositivité diagnostiquée entre 2003 et 2005 (soit 420 cas sur 5 259). La quasi-totalité de ces adolescents et jeunes adultes ont été contaminés par voie sexuelle (76% par voie hétérosexuelle et 23% par voie homosexuelle) et la grande majorité sont de nationalité étrangère (64%). A l’inverse de ce qui est observé pour l’ensemble des nouveaux diagnostics de VIH, une large majorité de ces cas sont diagnostiqués chez des femmes (68% contre 44% tous âges confondus). Néanmoins, la prévention du VIH/sida menée depuis près de vingt ans auprès des jeunes a porté ses fruits : les jeunes ont aujourd'hui une bonne connaissance de la maladie et une plus grande tolérance à l'égard des personnes atteintes ; ils ont intégré l'utilisation du préservatif comme une norme, notamment lors de leur premier rapport sexuel, et le dépistage dans une stratégie de prévention. Cependant, des enquêtes récentes (KABP métropole 2004, Baromètre santé 2005) ou plus anciennes (ACSJ) montrent que ces bénéfices ne sont pas partagés de façon égale par tous les jeunes. Des différences importantes, observées notamment selon les cursus scolaires, indiquent qu'il existe des inégalités sociales d'accès à la prévention. Il est donc aujourd'hui essentiel de réfléchir à des actions qui prennent davantage en compte les jeunes qui se trouvent en dehors du système scolaire ou qui le quittent prématurément. Le poids important des femmes parmi les découvertes de séropositivité chez les adolescents et les jeunes adultes invite aussi à définir des stratégies de communication tenant compte de cette spécificité.

Novembre 2006, 8 pages

 


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