NOS PUBLICATIONS

Auteurs : Sandrine Halfen, Isabelle Grémy, Abdon Goudjo, Mélanie Heard, Anne Moglia, Claudine Vallauri

 

L’impact sanitaire de la consommation de tabac est considérable. Chaque année, en France, 66 000 personnes décèdent d’une maladie causée par leur consommation de tabac. Si les décès surviennent le plus souvent chez des personnes âgées de 50 à 75 ans, le début de la consommation quotidienne de tabac intervient chez la grande majorité des fumeurs au moment de l’adolescence, à 16 ans environ, soit en moyenne deux ans après l’initiation au tabac. La proportion de fumeurs dans la population est à son maximum parmi les jeunes adultes : entre 18 et 25 ans, près d’une personne sur deux fume. Les données d’évolution montrent que, si les comportements face au tabac étaient très différenciés selon le sexe, actuellement garçons et filles ont des conduites tabagiques très comparables, en terme de fréquence mais aussi de quantité de cigarettes fumées. Les jeunes ne sont cependant pas tous confrontés au tabagisme de la même façon. La consommation quotidienne de tabac apparaît en effet d’autant plus élevée que l’adolescent décrit des problèmes scolaires, qu’il est peu diplômé, voire descolarisé et/ou en grande difficulté sociale. Le statut tabagique des membres de son entourage a également une influence importante sur sa conduite face au tabac : l’adolescent aura d’autant plus tendance à fumer qu'il sera entouré de fumeurs. Si les fumeurs, dans leur ensemble, tendent à sous-estimer les risques sanitaires liés à la consommation de tabac, les plus jeunes minimisent davantage encore certains risques, notamment ceux pouvant leur sembler lointains. Mais surtout, les plus jeunes sous-estiment nettement la dépendance que peut occasionner la consommation de tabac. La forte proportion de fumeurs parmi les jeunes en France (une des plus élevées d’Europe) interroge avec acuité sur l’efficacité des politiques de lutte contre le tabagisme menées jusqu’à présent, sur la pertinence et la cohérence des actions conduites, sur le contenu des messages de prévention et d’incitation à l’arrêt. Le constat actuel est préoccupant : loi Evin encore insuffisamment appliquée en milieu scolaire, manque de coordination des actions auprès des jeunes, quasi-absence de consultations de tabacologie spécifiques pour les jeunes et de consultations prenant en compte la consommation d’autres substances psychoactives, notamment le cannabis. Pour autant, la volonté affirmée des pouvoirs publics de lutter plus efficacement contre le tabagisme ainsi que des tentatives d’actions de prévention du tabagisme prenant en compte d’autres approches que celles utilisées jusqu’à présent, pourraient laisser entrevoir quelques espoirs d’observer enfin dans les années à venir une diminution sensible de la consommation de tabac en France. 

 

Octobre 2003, 8 pages

 


Télécharger le Bulletin


 

 

Rechercher dans nos publications