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Auteurs : Sabine Host, Dorothée Grange, Edouard Chatignoux, Cécile Sommen, Isabelle Grémy, avec la participation de Murielle Dusséaux, Valérie Bex-Capelle et Stéphane Moularat

 

Ces dernières années, la connaissance des pollutions de nos environnements intérieurs a fortement progressé, avec notamment le lancement par l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) d’enquêtes nationales sur la qualité de l’air dans les logements et dans les écoles. Une politique active en faveur de cette problématique est menée au niveau national, en particulier au travers de plans nationaux santé environnement et des travaux de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses1) qui œuvre à l’élaboration de « valeurs guides de qualité d’air intérieur » afin de fournir une traduction sanitaire aux niveaux relevés. Toutefois, il n’en demeure pas moins que le champ des connaissances à explorer est large. Il existe, en effet, une grande diversité de polluants intérieurs avec des niveaux d'exposition variables et les conséquences sur la santé qui leur sont attribuables sont de nature et de gravité différentes. Parmi les troubles associés à une mauvaise qualité de l’air intérieur, les pathologies du système respiratoire (rhinite, bronchite, asthme…) sont fréquemment observées. Parmi ces manifestations, beaucoup sont de nature allergique. Cependant, la relation de causalité entre la présence de ces polluants de l’air intérieur et les effets sanitaires observés est souvent complexe à établir. D’une part, nombre de ces pathologies ne sont pas spécifiques d’un polluant donné. D’autre part, les études épidémiologiques sont souvent confrontées à la difficulté d’évaluer les expositions à ces polluants. Dans ce contexte, l’ORS Ile-de-France a mené dès 2005 une réflexion à ce sujet afin d’identifier les questions les plus pertinentes pour la région Ile-deFrance compte-tenu de ses spécificités. Ce premier travail a conduit à la publication d’un état des connaissances concernant les effets sanitaires de la pollution de l’air intérieur (Host et al., 2005) et a souligné l’importance des problèmes d’humidité et de moisissures en termes de prévalence et d’effets sanitaires. En effet, la prolifération de moisissures dans l’habitat, liée la plupart du temps à des problèmes d’humidité, s’avère préoccupante pour la santé des occupants. Outre les effets allergiques tels que rhinite, sinusite allergique ou asthme, les moisissures peuvent également être impliquées dans des mécanismes infectieux, et des effets toxiques et irritatifs leur sont aussi attribuables. Alors que la proportion de logements concernés apparaît importante, notamment en Ile-de-France du fait d’un parc de logements ancien (en 2006, 33 % des résidences principales dataient d’avant 1949) et surpeuplé (19 % contre 9 % au niveau national d’après l’enquête logement Insee 2006), l’impact sanitaire pourrait être non négligeable. Toutefois, en l’absence d’indicateurs d’exposition fiables, cet impact est difficilement quantifiable. Ainsi, le grand public comme les acteurs français du bâtiment (entrepreneurs et bailleurs sociaux), de la santé ainsi que les décideurs sont peu sensibilisés à cette problématique. Si les moisissures sont identifiées comme une source de pollution de l’air intérieur, les risques sanitaires liés à cette pollution sont faiblement perçus par la population francilienne et les comportements sont souvent défavorables à la qualité de l’air (cf. encadré ci-contre). Dans ce contexte, l’ORS Ile-de-France a proposé de mettre en place une enquête épidémiologique dans la région pour étudier les effets sanitaires des moisissures dans l’habitat. La difficulté d’une telle étude réside notamment dans l’estimation de l’exposition aux moisissures, évaluée généralement de façon indirecte, via le niveau de contamination fongique du logement. Différentes techniques, parfois difficiles à mettre en œuvre et coûteuses, permettent de caractériser cette contamination. Afin d’explorer cette question et de tester la faisabilité d’une telle étude, l’ORS Ile-de-France a réalisé une enquête pilote portant sur un échantillon de 150 logements : l’enquête ESMHA “Effets Sanitaires des Moisissures dans l’HAbitat”. Ce travail a été mené en partenariat avec le Laboratoire d’hygiène de la ville de Paris et le Centre scientifique et technique du bâtiment qui ont réalisé les analyses environnementales. Le vrecueil des données a été confié à l’Institut de sondages BVA et a été réalisé entre novembre 2007 et septembre 2009.

Novembre 2010

 


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