Auteurs : Par Sandrine Halfen , Catherine Embersin

 

BulletinSante18

A l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, et comme chaque année depuis 1999, l’Observatoire régional de santé (ORS) d’Île-de-France réalise un état des lieux de l'épidémie de VIH/sida dans la région. Cette année, l’ORS a choisi de présenter de façon détaillée les données épidémiologiques disponibles en Ile-de-France, afin de favoriser une meilleure compréhension de la dynamique épidémique dans la région et de ses spécificités par rapport au reste du territoire national. Cette analyse a aussi pour objectif de mettre davantage en relief que dans les précédents Bulletins la diversité de la situation épidémiologique dans les huit départements franciliens. En effet, au-delà des moyennes régionales, l’analyse par département fait apparaître une grande hétérogénéité au regard de l’épidémie de VIH/sida : que ce soit l’incidence des découvertes de séropositivité ou des cas de sida et leur évolution, les caractéristiques des personnes touchées par l’épidémie, l’activité de dépistage, leur stade clinique au moment de la découverte de leur séropositivité, les pathologies inaugurales du sida ou encore les taux de mortalité liée au sida. La plupart des données de surveillance permettent de produire des analyses départementales, qui correspondent désormais à celles des territoires de santé, tels qu’ils ont été définis par l’Agence régionale de santé (ARS) d’île-deFrance. La connaissance fine de ces territoires de santé apparaît d’autant plus importante qu’il s’agit, avec la loi de 2009 portant réforme de l'hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (HPST) des territoires « pertinents pour les activités de santé publique, de soins et d’équipement des établissements de santé, de prise en charge et d’accompagnement médico-social ainsi que pour l’accès aux soins de premier recours » (art. L1434-16 du Code de la santé publique). Néanmoins, il apparaît que les données épidémiologiques utilisées relatives aux patients séropositifs pris en charge à l’hôpital dans les cinq Coordinations régionales de lutte contre le virus de l’immunodéficience humaine (Corevih) d’Ile-de-France, sont difficilement accessibles au niveau départemental (voire au niveau régional). En effet, l’étendue géographique des Corevih est définie selon les anciens territoires de santé et ne recoupe pas les frontières des départements. Le département de Paris, par exemple, est couvert par l’activité de quatre des cinq Corevih franciliens. Et le Corevih Est, par exemple, couvre (totalement ou partiellement) six des huit départements franciliens. La valorisation des données, au niveau des territoires de santé, apparaît aujourd’hui essentielle pour prendre en compte la réalité de la prise en charge des personnes touchées par le VIH, et sa diversité territoriale, dans l’élaboration actuelle des différents schémas de prévention, d’organisation des soins et d’organisation du médico-social qui vont fixer les objectifs et les actions pour les prochaines années;

 


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