A l’occasion du 1er décembre, Journée mondiale de lutte contre le sida, l’ORS Île-de-France réalise un état des lieux de l’épidémie dans la région. La thématique centrale du Bulletin est celle des approches territoriales face au VIH/sida, avec des contributions de Pierre Chauvin (Inserm et Sorbonne Universités UMPC) et de France Lert (chargée de mission pour la Ville de Paris). L’épidémiologie du VIH dans la région souligne des disparités territoriales majeures qui devraient trouver leurs traductions dans la mobilisation de moyens, mais aussi dans la capacité de chaque territoire à trouver les leviers sur lesquels agir pour faire reculer l’épidémie.

Auteur : Sandrine Halfen , Valérie féron , Anne Champetier, Adrian Saunal (ORS), Pierre Chauvin (UMRS 1136, Inserl, Sorbonne Université UMPC), France Lert (Ville de Paris)
 

L'essentiel de l'étude :

• Depuis 2011, chaque année, en moyenne 2 650 Franciliens et Franciliennes découvrent leur séropositivité. Ce chiffre ne diminue plus depuis trois ans. Environ 60% ont été contaminés par voie hétérosexuelle et 40% lors de rapports sexuels entre hommes.
• Parmi ces Franciliens, un quart sont à un stade clinique très tardif au moment du dépistage, déjà au stade sida ou avec un système immunitaire très faible. Cette situation est plus fréquemment rencontrée parmi les personnes contaminées par voie hétérosexuelle ou parmi les personnes migrantes. Or, l’enjeu du dépistage précoce est majeur pour permettre aux personnes séropositives d’accéder au plus tôt aux traitements.
• Si les populations sont diversement touchées, l’épidémiologie du VIH souligne des disparités territoriales d’une grande ampleur, avec un gradient de 1 à près de 20 selon les communes franciliennes, quand on considère la part de la population prise en charge au titre d’une Affection de longue durée pour VIH.
• Dans les territoires franciliens à faible densité d’offre libérale de soins, il existe un lien positif entre le niveau de recours au dépistage des habitants et l’offre de dépistage gratuit dans leur quartier de résidence.
• Il est nécessaire d’élaborer des stratégies de prévention dite combinée, qui intègrent le traitement comme outil de prévention chez les personnes séropositives (Treatment as prevention, TasP) et chez les personnes séronégatives avec la prophylaxie pré-exposition (PreP), et d’ajuster ces stratégies aux besoins locaux.
• Pour faire reculer l’épidémie, l’élaboration de nouvelles stratégies, territoriales et populationnelles, est plus que jamais nécessaire.

 

Décembre 2015, 8 pages

 


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