NOS PUBLICATIONS

Auteurs : Dorothée Grange et Catherine Vincelet

 

En 2008, la part du budget des ménages accordée aux denrées alimentaires s’est stabilisée en France (12,4 % contre 12,3 % en 2007), après une tendance à la diminution depuis plus de 40 ans [1,2]. Le contexte actuel de hausse rapide des prix des produits alimentaires (+ 4,9 % en 2008), ainsi que la progression, certes faible, de la consommation de produits alimentaires (+ 0,1 % en 2008), hors boissons alcoolisées et tabac, en sont sans doute la cause [1]. Le pouvoir d’achat des ménages français a en outre nettement moins progressé en 2008 qu’en 2007 du fait notamment du fort ralentissement de leur revenu disponible [3]. L’alimentation constitue le second poste de dépenses le plus important après le logement, en Ile-de-France comme dans le reste de la France : respectivement 15,1 % et 15,4 % du budget des foyers est consacré à l’alimentation (y compris la restauration). Les viandes et les produits à base de céréales représentent à eux seuls plus du tiers de cette dépense [4]. Les comportements budgétaires des ménages provinciaux et franciliens ont par ailleurs tendance à se rapprocher : en Ile-de-France, la part du budget consacrée à l’alimentation (hors restauration) est restée relativement stable entre 2001 et 2006 (10,6 %), alors qu’elle a sensiblement diminué en province, passant de 13,6 % à 12 % [4]. Concernant les lieux d’achats alimentaires, les Français privilégient avant tout les grandes surfaces : 70 % des dépenses alimentaires y ont été effectuées en 2006. Toutefois, les comportements d’achats des ménages, en particulier franciliens, sont fortement influencés par leur lieu de résidence [5]. En effet, l’Ile-de-France possède une faible densité d’hypermarchés et de supermarchés : alors qu’elle concentre 19 % de la population française, la région détient seulement 14 % du parc national des grandes surfaces alimentaires en 2008. Ce constat masque cependant de fortes disparités régionales. La proche couronne et surtout Paris sont moins bien dotés que la grande couronne en grandes surfaces alimentaires, alors que les commerces de proximité y sont nettement plus présents [3,6]. Par ailleurs, en raison d’un contexte économique moins favorable, on observe une forte attractivité des magasins hard-discounts. Ces derniers se développent en Ile-de-France et plus d’une grande surface alimentaire sur trois est un hard-discount en 2008. Ce circuit aurait, en outre, doublé sa part de marché entre 2000 et 2008 (14 % des achats alimentaires y seraient effectués en 2008) [3]. Dans ce contexte, ce chapitre s’intéresse aux comportements d’achats alimentaires des Franciliens. Il présente tout d’abord les principaux lieux d’achats alimentaires fréquentés par les Franciliens âgés de 18 à 75 ans ainsi que le lien entre les comportements d’achats et les comportements alimentaires. Ces derniers sont appréhendés ici par le respect des repères de consommation du Programme national nutrition santé (PNNS) la veille de l’enquête. Ce chapitre décrit ensuite les critères de choix des lieux d’achats, puis les critères de confiance des Franciliens pour l’achat d’un produit de « qualité » en grande et moyenne surface.
Octobre 2010, 12 pages

 


Rapport Observatoire régional de santé Île-de-FranceTélécharger le document


 

Rechercher dans nos publications