Auteurs : Catherine Vincelet et Dorothée Grange

 

Les habitudes alimentaires se sont profondément modifiées au cours des dernières décennies accompagnant les transformations économiques, sociologiques et culturelles de la société [1]. L’alimentation a gagné en diversité et en complexité et le fait le plus marquant aura été le développement des plats préparés et de la restauration rapide. Au quotidien, notre alimentation est dépendante de multiples facteurs eux-mêmes largement déterminés par la génération et la catégorie socio-professionnelle. L’acte alimentaire est soumis à des contraintes économiques, organisationnelles, voire sanitaires mais comporte toujours une dimension de plaisir et de relation sociale. Selon la période de l’année, le jour de la semaine, l’heure et le contexte, la composition des repas et la façon de les consommer varient considérablement. Les données récentes en France montrent qu’entre 1999 et 2007, les consommations alimentaires des adultes ont évolué avec plus de fruits et légumes, moins d’aliments sucrés, mais également moins de produits laitiers et légèrement moins de féculents [2]. Les boissons alcoolisées occupent une place à part dans l’alimentation, et particulièrement par la gravité potentielle des conséquences de leur usage sur la santé. A l’instar des autres aliments, leur consommation a fortement évolué au cours des dernières décennies, qu’il s’agisse des quantités consommées, du type de boissons ou de leur qualité [3]. Si les alcools restent ancrés dans nos modes de vie, la pression culturelle et sociétale a évolué devant la prise de conscience du risque, de sorte que la modération voire l’abstinence sont socialement largement acceptées. Cependant, les consommations à risque demeurent à un niveau préoccupant, tout en ayant changé dans leur nature : en regard d’une diminution de la consommation régulière s’installent au premier plan des conduites d’alcoolisation aigües dont les déterminants culturels, géographiques et sociaux ne sont plus les mêmes. Compte tenu de la diversité des situations, une connaissance fine des pratiques alimentaires est particulièrement intéressante pour orienter et évaluer les politiques de prévention y compris au plan régional. En effet, les évolutions des modes d’alimentation n’ont pas gommé la dimension traditionnelle liée aux cultures et, de ce fait, génératrice de disparités entre pays et à l’intérieur du pays [4]. A partir des informations déclarées, ce fascicule décrit, par type d’aliment, les comportements alimentaires des Franciliens selon les caractéristiques socio-démographiques des personnes (âge, sexe...) en les comparant avec les habitants du reste de la France. Les résultats sont confrontés aux repères du Programme National Nutrition Santé (PNNS) de façon à situer la région en matière de comportement à risque [5, 6]. Une partie de ce chapitre est également consacrée à la consommation de boissons alcoolisées.

Février 2010, 20 pages


Rapport Observatoire régional de santé Île-de-FranceTélécharger le document