Mères et enfants

Mères et enfants

 

Mères et enfants - Contexte national

La réduction de la mortalité et de la morbidité au cours des premières années de la vie et la prévention d'une grande partie des handicaps de l'enfant impliquent une sécurité maximale dans la prise en charge de la grossesse et de l'accouchement.

Les taux de mortalité maternelle, périnatale et infantile sont, en règle générale, un reflet fidèle du niveau de développement du système de soins d'un pays. En France, des efforts significatifs ont été accomplis dans ce domaine au cours des dernières décennies.

Le dispositif actuel de soins et de prévention pour la mère et l'enfant fait intervenir une grande variété d'acteurs : médecins et professionnels de santé libéraux, établissements hospitaliers, services de Protection maternelle et infantile (PMI), services de santé scolaire, etc. Le suivi des grossesses s'est beaucoup amélioré : la majorité des femmes bénéficient aujourd'hui des sept examens prénatals obligatoires réalisés par un médecin ou une sage-femme. Ce suivi médical est complété par une préparation à la naissance au cours de séances collectives (“séances préparatoires à l’accouchement psycho-prophylactique”), dont l’objectif est de contribuer à l’amélioration de l’état de santé des femmes enceintes, des accouchées et des nouveau-nés (décret du 14 février 1992).

Depuis 2005, un entretien individuel et/ou en couple est systématiquement proposé à toutes les femmes au cours du 4ème mois de grossesse.
Selon l’enquête nationale périnatale 2010, le suivi de la grossesse apparaît bon, bien audelà des recommandations.Consultations et échographies sont en augmentation, même si la part des déclarations tardives de grossesse s’accroît également. L’état de santé des nouveau-nés demeure globalement satisfaisant. De nombreuses recommandations de santé publique paraissent bien suivies (concernant la consommation d’alcool, de tabac, la prise d’acide folique ou le dépistage de la trisomie 21), même si les recommandations vaccinales contre la coqueluche se diffusent très lentement [1].
La médecine de ville est fortement impliquée dans la surveillance de la grossesse, que ce soit par les médecins généralistes ou les gynécologues. En matière de prise en charge hospitalière de l'accouchement, des mesures successives instaurées depuis une dizaine d'années ont considérablement renforcé l'encadrement médical, imposant notamment une présence médicale permanente dans les services pratiquant des accouchements. Les maternités ne disposant pas de bloc opératoire ont été équipées ou fermées. De même, celles qui pratiquent un nombre insuffisant d'accouchements (moins de 300 par an) ont été amenées à fermer ou à se regrouper, mis à part des situations d'accessibilité routière particulièrement difficiles.

Des centres périnatals de proximité ont été mis en place dans les secteurs distants d'une maternité afin d'assurer le suivi des femmes enceintes. L'organisation des soins en réseaux coordonnés, mise en place pour améliorer la sécurité de la naissance et encadrée par le décret périnatalité du 9 octobre 1998 distingue trois niveaux parmi les maternités afin de garantir une meilleure adéquation entre le niveau de risque de la mère et du nouveau-né et l'environnement humain et matériel de la maternité d'accueil.

Selon l’enquête nationale périnatale 2010 et par rapport à l’enquête de 2003, les réponses des établissements témoignent d’une meilleure organisation, avec davantage de personnel et une présence renforcée desmédecins spécialistes. Les sages-femmes prennent désormais en charge 80 % des accouchements par voie basse, plus souvent dans le secteur public que privé. Toutes les maternités appartiennent à un réseau de santé périnatal, mais 62 % organisent le suivi prénatal de façon autonome. Les établissements différencient également davantage le suivi des femmes en consultation prénatale. La possibilité de consulter un psychologue a en outre nettement progressé depuis 2003 et une femme sur cinq a bénéficié d’un entretien prénatal précoce du 4ème mois. La prise en charge des femmes à la sortie de la maternité concerne cependant un public de femmes relativement restreint [2]. Le suivi des enfants est assuré par les médecins généralistes et les pédiatres.

Des examens obligatoires sont pratiqués au 8ème jour puis aux 9ème et 24ème mois. Les services de PMI placés sous la responsabilité des conseils généraux assurent annuellement environ 350 000 consultations prénatales et 2 700 000 examens d'enfants jusqu'à 6 ans. La PMI prend en charge également le suivi des enfants à l'école maternelle. Le suivi des enfants scolarisés est assuré par le Service de promotion de la santé en faveur des élèves qui dépend de l'Education nationale. Outre des examens systématiques, le suivi de certaines situations médicales spécifiques et des soins d'urgence en milieu scolaire, ce service est amené à mettre en oeuvre, avec différents partenaires, des actions d'éducation pour la santé. 

Mise à jour du texte : 2012

Repères bibliographiques et sources
1. Villain A., Les maternités en 2010 Premiers résultats de l’enquête nationale périnatale. Etudes et résultats, Drees n°776 - Octobre 2011
2. Blondel B., Kermarrec M., La situation périnatale en France en 2010 Premiers résultats de l’enquête nationale périnatale. Etudes et résultats, Drees n°775 - Octobre 2011