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La mortalité prématurée
Évolution du taux comparatif de mortalité prématurée de 1981 à 2006*

| *Taux lissés sur trois ans exprimés en nombre annuel de décès pour 100 000 personnes (le taux 2006 correspond aux années 2005-2007). La population de référence est la population de France métropolitaine (2 sexes) au recensement de la population de 1990. Sources : Insee, Inserm CépiDC. Exploitations Fnors et ORS Ile-de-France. |
| L’allongement de la durée de la vie et le vieillissement de la population conduisent à une augmentation sensible de l’âge moyen au décès. Aujourd’hui, plus d’un tiers des personnes qui décèdent en France métropolitaine sont âgées de 85 ans ou plus. Conséquence de cette évolution, les statistiques des causes de décès sont de plus en plus le reflet de la mortalité aux très grands âges, ce qui limite leur utilisation pour évaluer les besoins de prévention. C’est pourquoi les responsables de la santé publique s’intéressent, en France comme dans la plupart des pays de développement comparable, à la mortalité prématurée définie généralement comme la mortalité survenant avant 65 ans. En France, où l’espérance de vie à la naissance dépasse 77 ans pour les hommes et 84 ans pour les femmes, les décès qui se produisent avant 65 ans peuvent en effet être considérés comme prématurés. Chaque année, plus de 110 000 personnes âgées de moins de 65 ans décèdent en France, représentant 20% de l’ensemble des décès. Cette proportion est très différente selon le sexe. Les décès prématurés sont proportionnellement beaucoup plus fréquents chez les hommes (27%) que chez les femmes (13%). Chez les hommes, le cancer du poumon est la cause de mortalité prématurée la plus fréquente, suivie, à parts égales, des suicides, de l’alcoolisme (psychose et cirrhose alcoolique), des cancers des voies aéro-digestives supérieures, des infarctus et des accidents de la circulation. Chez les femmes, les principales causes de décès avant 65 ans sont le cancer du sein, devançant nettement les suicides, l’alcoolisme, le cancer du poumon et les accidents de la circulation. Néanmoins, si l’on prend en compte l’âge de survenue du décès, les accidents et les suicides ont un poids plus important dans la mortalité prématurée, en particulier chez les hommes : ils constituent les premières causes d’années potentielles de vie perdue. Depuis vingt ans, la mortalité prématurée a connu une diminution d’environ 30% en France, mais demeure plus élevée que dans la plupart des pays européens. La situation française est paradoxale. Les hommes ont une espérance de vie à la naissance équivalente à la moyenne européenne (Europe des quinze), mais un risque de mortalité prématurée bien plus élevé que la plupart des pays voisins. Chez les femmes, l’espérance de vie à la naissance est une des plus élevées d’Europe, tandis que le taux de mortalité prématurée est équivalent à la moyenne européenne. En Ile-de-France, le taux comparatif de mortalité prématurée des hommes est inférieur de 15% à la moyenne nationale (223 pour 100 000 en 2005-2007), tandis que celui des femmes (112,1) est inférieur de 5% à la moyenne nationale (figure). |

