Tabac
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L’impact sanitaire de la consommation de tabac est considérable puisque le tabagisme constitue en France la première cause de mortalité évitable. Chaque année, en France, 66 000 personnes décèdent d’une maladie causée par leur consommation de tabac. Pour un fumeur sur quatre, la perte moyenne d'espérance de vie est de vingt ans et se solde par une mort avant 65 ans. Si les décès surviennent le plus souvent chez des personnes âgées de 50 à 75 ans, le début de la consommation quotidienne de tabac intervient chez la grande majorité des fumeurs au moment de l’adolescence, à 16 ans environ, soit en moyenne deux ans après l’initiation au tabac. Différentes études et principaux résultatsDans le cadre de la mise en place du Programme régional de santé (PRS) sur les addictions 2002-2006 inscrit parmi les priorités de la Conférence régionale de santé de 2001, l'Observatoire régional de santé d'Ile-de-France a été sollicité pour établir un état des lieux des informations disponibles relatives aux problèmes de consommation de psychotropes, dont l'alcool, le tabac, le cannabis et les autres substances psychoactives, en vue de dégager les grandes orientations de la politique de prévention des addictions en Ile-de-France (Produits psychoactifs en Ile-de-France, Synthèse du document de travail réalisé pour le PRS addictions, 2002). |
Les personnes interrogées étaient peu convaincues des conséquences sur la santé de la consommation de tabac et percevaient peu les bénéfices pour la santé à l'arrêt. Dans ce contexte général de faible niveau de connaissances et de faible perception des risques, les fumeurs, plus encore que les autres, tendaient systématiquement à minimiser les risques liés à la consommation de tabac. Les risques subis et collectifs, tels que ceux liés à la pollution atmosphérique, étaient exagérément perçus comme ayant un impact plus important que celui lié à la consommation de tabac. Certains autres facteurs étaient eux aussi exagérément mis en avant comme pouvant compenser les risques liés au tabac (notamment la pratique régulière d'un exercice physique ou le fait de vivre au grand air). Cette enquête a montré combien l'amélioration du niveau de connaissances est indispensable ainsi qu’une meilleure perception individuelle des risques. Dans le cadre des Bulletins de santé, l’ORS Ile-de-France a réalisé avec le CRIPS Ile-de-France un numéro consacré à la consommation de tabac chez les jeunes (La consommation de tabac chez les jeunes : données épidémiologiques et prévention, 2003). En effet, la proportion de fumeurs dans la population est à son maximum parmi les jeunes adultes : entre 18 et 25 ans, près d’une personne sur deux fume. Les données d’évolution montrent que, si les comportements face au tabac étaient très différenciés selon le sexe, actuellement garçons et filles ont des conduites tabagiques très comparables, en terme de fréquence mais aussi de quantité de cigarettes fumées. Les jeunes ne sont cependant pas tous confrontés au tabagisme de la même façon. La consommation quotidienne de tabac apparaît en effet d’autant plus élevée que l’adolescent décrit des problèmes scolaires, qu’il est peu diplômé, voire descolarisé et/ou en grande difficulté sociale. Le statut tabagique des membres de son entourage a également une influence importante sur sa conduite face au tabac : l’adolescent aura d’autant plus tendance à fumer qu'il sera entouré de fumeurs. Si les fumeurs, dans leur ensemble, tendent à sous-estimer les risques sanitaires liés à la consommation de tabac, les plus jeunes minimisent davantage encore certains risques, notamment ceux pouvant leur sembler lointains. Mais surtout, les plus jeunes sous-estiment nettement la dépendance que peut occasionner la consommation de tabac. Ce Bulletin, réalisé en 2003 montrait un constat préoccupant : loi Evin encore insuffisamment appliquée en milieu scolaire, manque de coordination des actions auprès des jeunes, quasi-absence de consultations de tabacologie spécifiques pour les jeunes et de consultations prenant en compte la consommation d’autres substances psychoactives, notamment le cannabis. |
Articles publiés
Peretti-Watel P., Halfen S., Grémy I., « Risk denial about smoking hazards and readiness to quit among French smokers: An exploratory study », Addictive Behaviors, 2007, feb., Vol 32, pp. 377–383
Peretti-Watel P., Halfen S., Grémy I., « The 'moral career' of cigarette smokers: A French survey », Health, Risk & Society, september 2007;9(3):259-273
Grémy I., Halfen S., Sasco A., Slama K., « Écarts entre la connaissance et l'acceptation pour soi-même des risques liés à la consommation de tabac, à propos du cancer du poumon », BEH, N°22-23/2004, pp. 90-92
Halfen S., Grémy I., "Les connaissances, attitudes et perceptions des Franciliens à l'égard du tabac : spécificités des personnes les plus âgées (55-75 ans)", Gérontologie et Société, n° 105, juin 2003, pp. 161-175.
Grémy I., Halfen S., Sasco A., Slama K., "Les connaissances attitudes et perceptions des Franciliens à l'égard du tabac", Actualité et dossier de santé publique, Septembre 2002, pp. 53-57.
Grémy I., Halfen S., Brouard C., Vongmany N., Pépin Ph., Produits psychoactifs en Ile-de-France : Etat des lieux des données disponibles pour le PRS addictions, Document de travail, Décembre 2001, 320 p.


