|
|
|
|

Contexte
|
L’impact sanitaire de la consommation de tabac est considérable puisque le tabagisme constitue en France la première cause de mortalité évitable. Chaque année, en France, 66 000 personnes décèdent d’une maladie causée par leur consommation de tabac. Pour un fumeur sur quatre, la perte moyenne d'espérance de vie est de vingt ans et se solde par une mort avant 65 ans. Si les décès surviennent le plus souvent chez des personnes âgées de 50 à 75 ans, le début de la consommation quotidienne de tabac intervient chez la grande majorité des fumeurs au moment de l’adolescence, à 16 ans environ, soit en moyenne deux ans après l’initiation au tabac.
La loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique en France a définit deux objectifs portant sur la consommation de tabac : « Abaisser la prévalence du tabagisme (fumeurs quotidiens) de 33 À 25% chez les hommes et de 26 À 20% chez les femmes d’ici 2008 (en visant en particulier les jeunes et les catégories sociales à forte prévalence) (objectif 3) et « Réduire le tabagisme passif dans les établissements scolaires (disparition totale), les lieux de loisirs et l'environnement professionnel » (objectif 4). En Ile-de-France, parmi les trente objectifs du programme régional de santé publique 2006-2010, l’objectif 18 recommande de « développer le repérage et la prise en charge précoce des usages à risque dans le domaine des addictions […] notamment des consommations les plus répandues : alcool, tabac, cannabis et médicaments psychotropes » et l’objectif 19 « Assurer un programme spécifiquement orienté vers le tabagisme féminin : réduire la prévalence du tabagisme féminin ».
|
|
|

Différentes études et principaux résultats
|
Dans le cadre de la mise en place du Programme régional de santé (PRS) sur les addictions 2002-2006 inscrit parmi les priorités de la Conférence régionale de santé de 2001, l'Observatoire régional de santé d'Ile-de-France a été sollicité pour établir un état des lieux des informations disponibles relatives aux problèmes de consommation de psychotropes, dont l'alcool, le tabac, le cannabis et les autres substances psychoactives, en vue de dégager les grandes orientations de la politique de prévention des addictions en Ile-de-France ( Produits psychoactifs en Ile-de-France, Synthèse du document de travail réalisé pour le PRS addictions, 2002).
Cet état des lieux a montré que l'ensemble des données d'enquêtes permettant de suivre l’évolution de la consommation de tabac chez les jeunes indique une diminution de celle-ci durant les années 70 et 80. Cette baisse s’est arrêtée depuis le début des années 90 et les données d'évolution les plus récentes semblent même indiquer une augmentation tant de l'expérimentation que de la consommation quotidienne de tabac [les données plus récentes non incluses dans le rapport semble montré un recul du tabagisme chez les jeunes]. Au début des années 2000, l’expérimentation de tabac concernait un quart des jeunes à 13 ans, et plus de 80 % à 19 ans. Les jeunes Franciliens semblent moins nombreux à fumer que les jeunes de province. Chez les adultes, l’évolution de la consommation de tabac est surtout caractérisée par une diminution du tabagisme chez les hommes et, à l’inverse, une extension du tabagisme chez les femmes. Néanmoins, la quantité quotidienne de cigarettes fumées reste moins élevée chez les femmes que chez les hommes. Cette quantité augmente avec la durée de consommation de tabac. La grande majorité des fumeurs ont déjà tenté d’arrêter de fumer et les femmes sont plus nombreuses que les hommes à avoir été dans ce cas et à déclaré des durées d’arrêt plus longues.
En 2000, l'Observatoire régional de santé d'Ile-de-France a réalisé une enquête en population générale sur la connaissance des risques liés à la consommation de tabac, sur l'auto-perception de ces risques, sur les facteurs associés à l'arrêt ou aux tentatives d'arrêt et sur la perception de l'information en provenance des industries du tabac, des instances de santé publique et des médecins ( Les connaissances, attitudes et perceptions des Franciliens à l’égard du tabac, 2002). Cette enquête conduite auprès de 2 533 personnes âgées de 18 à 75 ans résidant en Ile-de-France a révélé de la part de la population un important manque de connaissances à l'égard du tabac, des risques liés à sa consommation et, surtout, de l'ampleur de ces risques. Ce manque de connaissances contrastait e avec le fait que les personnes se sentaient en général suffisamment informées sur le tabac. Les personnes interrogées étaient peu convaincues des conséquences sur la santé de la consommation de tabac et percevaient peu les bénéfices pour la santé à l'arrêt. Dans ce contexte général de faible niveau de connaissances et de faible perception des risques, les fumeurs, plus encore que les autres, tendaient systématiquement à minimiser les risques liés à la consommation de tabac. Les risques subis et collectifs, tels que ceux liés à la pollution atmosphérique, étaient exagérément perçus comme ayant un impact plus important que celui lié à la consommation de tabac. Certains autres facteurs étaient eux aussi exagérément mis en avant comme pouvant compenser les risques liés au tabac (notamment la pratique régulière d'un exercice physique ou le fait de vivre au grand air). Cette enquête a montré combien l'amélioration du niveau de connaissances est indispensable ainsi qu’une meilleure perception individuelle des risques.
Dans le cadre des Bulletins de santé, l’ORS Ile-de-France a réalisé avec le CRIPS Ile-de-France un numéro consacré à la consommation de tabac chez les jeunes ( La consommation de tabac chez les jeunes : données épidémiologiques et prévention, 2003). En effet, la proportion de fumeurs dans la population est à son maximum parmi les jeunes adultes : entre 18 et 25 ans, près d’une personne sur deux fume. Les données d’évolution montrent que, si les comportements face au tabac étaient très différenciés selon le sexe, actuellement garçons et filles ont des conduites tabagiques très comparables, en terme de fréquence mais aussi de quantité de cigarettes fumées. Les jeunes ne sont cependant pas tous confrontés au tabagisme de la même façon. La consommation quotidienne de tabac apparaît en effet d’autant plus élevée que l’adolescent décrit des problèmes scolaires, qu’il est peu diplômé, voire descolarisé et/ou en grande difficulté sociale. Le statut tabagique des membres de son entourage a également une influence importante sur sa conduite face au tabac : l’adolescent aura d’autant plus tendance à fumer qu'il sera entouré de fumeurs. Si les fumeurs, dans leur ensemble, tendent à sous-estimer les risques sanitaires liés à la consommation de tabac, les plus jeunes minimisent davantage encore certains risques, notamment ceux pouvant leur sembler lointains. Mais surtout, les plus jeunes sous-estiment nettement la dépendance que peut occasionner la consommation de tabac. Ce Bulletin, réalisé en 2003 montrait un constat préoccupant : loi Evin encore insuffisamment appliquée en milieu scolaire, manque de coordination des actions auprès des jeunes, quasi-absence de consultations de tabacologie spécifiques pour les jeunes et de consultations prenant en compte la consommation d’autres substances psychoactives, notamment le cannabis.
Le suivi de l’objectif 19 du Programme régional de santé publique, « Réduire la prévalence du tabagisme féminin » ( Le Plan régional de santé publique 2006-2010 en Ile-de-France, situation initiale en 2006, 2008) a montré que la proportion de fumeuses quotidiennes était de 31% chez les Franciliennes âgées de 35 à 44 ans, qu’en Ile-de-France, 60% des fumeuses avaient envie d’arrêter, mais que seulement un tiers avaient des projets précis à ce sujet. Enfin, l’incidence du cancer du poumon chez les femmes, toute comme la mortalité, est plus élevée en Ile-de-France qu’en France.
La consommation de tabac parmi les jeunes est également abordée à travers les différentes exploitations régionales réalisées par l’ORS Ile-de-France des enquêtes Baromètre Santé de l’INPES (voir à ce sujet La santé des jeunes) ainsi que dans le suivi de l’objectif 18 du Programme régional de santé publique, « Développer le repérage et la prise en charge précoce des usages à risques dans le domaine des addictions » ( Le Plan régional de santé publique 2006-2010 en Ile-de-France, situation initiale en 2006, 2008).
|
|
|
|
|

Publications
|
Peretti-Watel P., Halfen S., Grémy I., « Risk denial about smoking hazards and readiness to quit among French smokers: An exploratory study », Addictive Behaviors, 2007, feb., Vol 32, pp. 377–383
Peretti-Watel P., Halfen S., Grémy I., « The 'moral career' of cigarette smokers: A French survey », Health, Risk & Society, september 2007;9(3):259-273
Grémy I., Halfen S., Sasco A., Slama K., « Écarts entre la connaissance et l'acceptation pour soi-même des risques liés à la consommation de tabac, à propos du cancer du poumon », BEH, N°22-23/2004, pp. 90-92
Halfen S., Grémy I., "Les connaissances, attitudes et perceptions des Franciliens à l'égard du tabac : spécificités des personnes les plus âgées (55-75 ans)", Gérontologie et Société, n° 105, juin 2003, pp. 161-175.
Halfen S., Grémy I., Goudjo A, Heard M., Moglia A., Vallauri Cl., "La consommation de tabac chez les jeunes : données épidémiologiques et prévention", Bulletin de santé, n° 7, Octobre 2003, 8 p.
Grémy I., Halfen S., Sasco A., Slama K., Les connaissances, attitudes et perceptions des Franciliens à l’égard du tabac, Rapport ORS Ile-de-France, Septembre 2002, 275 p.
Brouard C., Camard J.-Ph., Halfen S., Pépin Ph., Vongmany N., Grémy I., Les produits psychoactifs en Ile-de-France, synthèse du document de travail réalisé pour le PRS addictions. Rapport ORS Ile-de-France, Décembre 2002, 111 p.
Grémy I., Halfen S., Sasco A., Slama K., "Les connaissances attitudes et perceptions des Franciliens à l'égard du tabac", Actualité et dossier de santé publique, Septembre 2002, pp. 53-57.
Grémy I., Halfen S., Brouard C., Vongmany N., Pépin Ph., Produits psychoactifs en Ile-de-France : Etat des lieux des données disponibles pour le PRS addictions, Document de travail, Décembre 2001, 320 p.
Halfen S., Grémy I., Vallauri Cl., Usages des produits psychoactifs et conduites associées chez les jeunes en Ile-de-France, Bulletin de santé, n° 2, Mai 2000, 8 p.
|
|
|
|
|
Dernière mise à jour: 01/12/2009
|