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   Toxicomanie et usage de drogues

  Contexte
Depuis la fin des années 80, l’ORS Ile-de-France a mis en place une méthodologie permettant de dresser régulièrement un état des lieux de la toxicomanie dans la région Ile-de-France, par recoupement de différentes sources d’informations (infractions à la législation sur les stupéfiants, décès par surdoses, fréquentation des structures accueillant des usagers de drogues, etc.).
Dans le prolongement de ces travaux, l’ORS Ile-de-France a assuré de 2002 à 2008 la coordination du dispositif parisien Tendances récentes et nouvelles drogues (TREND). Ce dispositif d’observation a été mis en place en 1999 et est coordonné au niveau national par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).
  Le dispositif TREND et les principaux résultats TREND Paris 2002-2008
L'objectif principal de TREND est de détecter les phénomènes émergents, tant au niveau des produits consommés, que des modes d'usage, des caractéristiques des consommateurs ou encore des effets (notamment sanitaires) entraînés par ces consommations. Le but est de favoriser des politiques de prévention mieux adaptées tant chez les usagers qu'en population générale.
Le dispositif TREND distingue deux espaces d’observation : l’espace urbain et les espaces festifs. L’espace urbain concerne essentiellement des usagers rencontrés dans les structures d’accueil pour toxicomanes, les CAARUD, les usagers ou les revendeurs de drogues rencontrés dans la rue, les gares, les squats, les lieux de deal, etc. Les espaces festifs désignent les lieux où se déroulent des événements festifs, que ceux-ci soient de type commercial (discothèques, bars, clubs, etc.), de type alternatif (teknivals, free parties, squats artistiques) ou autre, par exemple, la fête de la musique, la techno parade, certaines manifestations ou des fêtes privées. Les lieux d’observations sont principalement issus de la culture techno, musiques électroniques mais quelques observations sont aussi conduites dans des événements festifs de culture punk, hip hop ou autre.
Les observations conduites à Paris en 2008 (Trend Paris 2008) permettent de souligner la tendance générale à l’accroissement de la disponibilité et à une forte accessibilité de certaines drogues et médicaments en trafic de rue, que ce soit le cannabis, l’héroïne, la buprénorphine haut dosage (BHD), la cocaïne, le crack, l’ecstasy en poudre et le LSD. Cette tendance s’accompagne d’une diversification des caractéristiques des consommateurs de certains produits (héroïne, crack/free base, ecstasy, etc.), indiquant la poursuite de la diffusion de leur usage dans de nouveaux groupes, nécessitant de renforcer l’adaptation des dispositifs de prévention et de soins à ces nouvelles populations.

Quand on revient sur les principales évolutions 2002-2008 (Trend Paris 2002-2008), observées à travers le dispositif TREND Paris, on note principalement, sur les contextes de consommation, que :
  • les caractéristiques des usagers associées à chaque produit semblent moins spécifiques qu’auparavant, montrant la poursuite de la diffusion des usages dans de nouveaux groupes.
  • la frontière entre les caractéristiques des usages de drogues dans l’espace urbain et dans les espaces festifs est plus perméable qu’auparavant, en termes de produits consommés, de fréquences de consommation et de mode d’administration des produits.
  • la récurrence des phénomènes associés à l’errance des usagers de crack désocialisés et marginalisés avec des évacuations successives des squats.
Concernant les produits, on note entre 2002 et 2008, une hausse des consommations d’alcool dans les espaces festifs, une disponibilité fluctuante du cannabis et le développement de l’autoproduction, un accroissement de la disponibilité et de l’accessibilité de l’héroïne, la diffusion et la banalisation de la cocaïne, des modifications des usages et des contextes de consommation de l’ecstasy, une disponibilité stable des médicaments en trafic de rue avec des prix globalement en hausse.
  La prise en charge des addictions et des usagers de drogues
En 2009, l’ORS a publié des éléments de diagnostics de la prise en charge des addictions sur le territoire francilien (Rapport prise en charge des addictions). Ce travail repose sur les données quantitatives existantes (enquêtes conduites par l’OFDT notamment dans les dispositifs médico-sociaux) et sur la réalisation de groupes focaux avec des professionnels intervenant dans la prise en charge des addictions. Réalisé dans le cadre de l'élaboration du Schéma régional d'addictologie, ce travail dresse une cartographie du dispositif de prise en charge des addictions dans la région, par département et territoire de santé. Il étudie ensuite l'activité et l'articulation des différents dispositifs de prise en charge des addictions (médecine de ville, prise en charge hospitalière et dispositif médico-social), la problématique de l'hébergement des usagers de drogues, les limites et les atouts des Consultations jeunes consommateurs (dites « Consultations cannabis ») puis, dans un dernier chapitre, la prise en charge des addictions en milieu pénitentiaire.
L’ORS a également publié en 2009 un Bulletin de santé sur la problématique de la co-infection VIH-VHC chez les usagers de drogues et, notamment, sur les enjeux de la prévention et du dépistage du VHC et de la prise en charge (Bulletin de santé n°15).
  Publications
Dernière mise à jour: 01/12/2009