Action 35 PRSE
Cadre méthodologique pour le choix des indicateurs

Le suivi et l’évaluation du PRSE nécessite de sélectionner quelques indicateurs a partir d’un cadre méthodologique précis.
De façon générale, l’évaluation d’un plan ou d’un programme s’appuie sur des indicateurs se rapportant à des objectifs stratégiques (appelés également objectifs principaux). Un objectif stratégique décrit en termes généraux la diminution d’un problème de santé et/ou social auprès de la population dans son ensemble ou ciblé sur un groupe particulier. C’est cet objectif qui justifie que soit mené un ensemble organisé d’activités que l’on nomme action. Aux objectifs stratégiques sont associés des objectifs opérationnels ou intermédiaires qui participent à la réalisation des objectifs stratégiques. Ces objectifs intermédiaires correspondent en particulier aux activités et moyens engagés pour la réalisation du plan.

Deux types d’indicateurs pour le PRSE

L’objectif stratégique indique un résultat attendu en terme d’amélioration de la santé. Il doit être mesurable. Il est donc accompagné d’un nombre restreint d’indicateurs chiffrés (un ou deux) qui renseignent une situation passée ou initiale et la situation en fin de plan. Le résultat final est attendu au bout de cinq, à échéance du plan. Ainsi, lorsque cela est possible, les résultats devront être renseignés tous les ans Ces premiers indicateur sont appelés : indicateurs de résultats finaux.

Des indicateurs peuvent également être rattachés aux objectifs intermédiaires c’est-à-dire aux activités et moyens engagés pour atteindre les résultats (finaux) visés. Ces indicateurs de résultats intermédiaires mesurent donc l’activité et la qualité des actions mises en œuvre. Ces indicateurs sont appelés : indicateurs de résultats intermédiaires.

Critères de choix d’un indicateur

Les critères utilisés pour sélectionner de « bons indicateurs » sont issus de la littérature et plus particulièrement du « La démarche de performance : stratégie, objectifs, indicateurs. Guide méthodologique pour l’application de la loi de finances du 1er août 2001 » .
D’après ce guide, un bon indicateur doit être :

  • pertinent,
  • utile,
  • solide.
Derrière ces trois notions sont associés plusieurs critères :

Qu’est-ce qu’un indicateur pertinent ?

Un indicateur est pertinent s’il permet d’apprécier les résultats réellement obtenus et donc être cohérents avec l’objectif (permet de mesurer spécifiquement sa réalisation). L’indicateur associé à un objectif doit se rapporter à un aspect substantiel du résultat attendu, et non à un aspect marginal qui ne rende que très partiellement compte de ce résultat. Au delà de ce rapport logique avec l’objectif, l’indicateur doit permettre de porter un jugement c’est-à-dire d’apprécier l’amélioration de la situation visée par l’objectif. Enfin, l’indicateur doit éviter des effets contraires à ceux recherchés. Il ne doit pas être susceptible d’induire des comportements qui améliorent l’indicateur mais dégradent par ailleurs le résultat final recherché.
Qu’est-ce qu’un indicateur utile ?
Les indicateurs doivent être reproductibles et disponibles à intervalles réguliers. Idéalement, un indicateur doit être disponible annuellement. Exceptionnellement, il peut être renseigné à intervalles plus espacées. L’indicateur doit permettre d’effectuer des comparaisons, pour apprécier les résultats obtenus, soit dans le temps (progrès accomplis d’une année sur l’autre) soit dans l’espace (comparaison d’un territoire à l’autre) soit encore entre différents acteurs. Un indicateur doit pouvoir être immédiatement exploité par les administrations concernées. Il doit donc en premier lieu être utilisé dans la gestion interne du programme avant de servir à la préparation de décisions stratégiques. Enfin, l’indicateur doit être lisible, c’est à dire compréhensible immédiatement par le lecteur ou clairement expliqué.
Qu’est-ce qu’un indicateur solide ?
Pour être solide, l’indicateur doit être pérenne. Le mode de collecte de l’indicateur ne doit donc pas être dépendant des changements d’organisation. L’indicateur doit être fiable. La fiabilité se base sur la sureté du dispositif de mesure et l’absence de biais. Pour une bonne sûreté du dispositif, il faut, par exemple, éviter de recourir à des comptages manuels peu fiables. L’indicateur doit donc être le plus souvent possible extrait automatiquement d’un SGBD ou issu d’enquêtes conduites par des organismes spécialisés avec une méthodologie d’enquête précise. L’indicateur doit également reposer sur des données non biaisées, représentatives et validées. Enfin l’indicateur devra être élaboré à un coût raisonnable.