Exposition aux perturbateurs endocriniens et spécificités

Spécificités des perturbateurs endocriniens et expositions

Du fait de leur omniprésence, la population est largement exposée aux perturbateurs endocriniens. Les périodes prénatale et périnatale, la petite enfance, l'enfance et la puberté sont des âges de la vie critiques du développement au cours desquels les systèmes en voie de maturation sont particulièrement sensibles aux perturbations hormonales (Monika Beszterda, 2018) (Vasilios Pergialiotis, 2017).

L’étude sur la cohorte ELFE (Santé Publique France, 2017) fournit des données préoccupantes sur l’imprégnation par les polluants de l’environnement d’un groupe de 4 145 femmes enceintes : au moins un composé perfluoré a été retrouvé chez chacune d’entre elles ; toutes présentent des traces de pesticides pyréthrinoïdes, de PCB et des retardateurs de flamme bromés ; chez 99,6% d’entre elles ont été détectés des résidus de phtalates ; chez 70% du BPA et chez 50% des pesticides organophosphorés.

Faible dose et effet non monotone
Classiquement, les effets des substances chimiques sont décrits comme suivant une courbe dose-réponse monotone (ou linéaire). En d’autres termes, plus la dose est forte, plus l’effet est important. Cependant, les perturbateurs endocriniens sont suspectés de ne pas répondre à ce principe et pourraient provoquer, à de faibles doses, des effets plus significatifs, voire opposés à ceux observés à fortes doses. Ceci explique que les réponses à ces substances suivent des courbes non monotones (en forme de « U » inversé ou non) Ce type de courbe suggère notamment des phénomènes de saturation des récepteurs hormonaux, des mécanismes de rétroaction et autres mécanismes d’action multiples.

Fenêtre d’exposition
Depuis « l’affaire du Distilbène », il a été mis en évidence que les perturbateurs endocriniens pouvaient agir d’une façon dépendante du temps, ce qui signifie qu’une maladie adulte peut avoir une origine fœtale. D’une manière plus générale, des travaux montrent qu’à certaines périodes critiques (période prénatale, périnatale, puberté…), l’organisme serait particulièrement sensible à certaines substances. Les effets pourraient apparaître beaucoup plus tard. On parle alors de « fenêtre d’exposition » et de « période de latence ».

Effet sur la descendance
Les recherches réalisées sur plusieurs lignées animales ou humaines démontrent que les effets des perturbateurs endocriniens sont susceptibles de ne pas se cantonner aux parents exposés et de se transmettre aux générations suivantes.

Effet de mélanges
Peu d’études ont abordé jusqu’à présent la problématique des effets de mélanges complexes. De manière générale, lorsque des substances ont le même mécanisme d’action, on s’attend à ce que leurs effets s’additionnent. Cela signifie que, si plusieurs molécules sont présentes, l’exposition à prendre en compte est la somme des expositions à ces substances. Dans le cas des perturbateurs endocriniens qui appartiennent à des catégories différentes (avec des mécanismes d’action distincts), les effets sont moins prévisibles. L’approche historique des travaux sur la toxicité était fondée sur la mesure ou le suivi d’un composé isolé. Depuis, les méthodes pour étudier les effets et l’exposition évoluent pour prendre en compte des situations plus proches de la réalité, c’est-à-dire une exposition simultanée à des mélanges de polluants environneme

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