En juillet dernier ont eu lieu les Festiv'Îsée, un événement du réseau pensé pour renforcer l'interconnaissance et les liens entre adhérents, acteurs de la santé environnement en Ile-de-France. Nous nous sommes réunis à ESSpace, lieu et association qui héberge La Tresse, un réseau d'acteurs de l'économie sociale et solidaire.
Au programme : un temps de réflexion autour de l'ambition qui rassemble les adhérents du réseau Îsée depuis sa création, à savoir diversifier les collaborations entre acteurs de la santé environnement en Ile-de-France et faire émerger une culture commune en santé environnement. Pour cela, nous avons d’abord travaillé en sous-groupes avant de mettre en commun nos réflexions, en expérimentant un format de débat participatif (appelé "Fishbowl" Cf. boîte à outils). Retrouvez ci-dessous les enseignements clés de cette soirée.
Parce qu'un réseau, c'est avant tout ses adhérents, nous avons commencé par-là : un atelier autour des représentations, individuelles et collectives, du réseau Îsée, à partir des attentes et apports des membres
Le réseau Îsée, peut être défini …
- … par les rôles qu’il occupe dans l’écosystème santé environnement francilien. Le réseau est « générateur de projets communs » et « produit un effet d’entrainement ». Des rôles qui, pour fonctionner, nécessitent de développer des méthodes et des processus partagés.
- … par les besoins des personnes qui le composent et le font exister. Pour certains adhérents, c’est avant tout un espace pour partager de l’information fiable dans différents domaines (connaissances juridiques scientifiques, actions menées) permettant de comprendre notre environnement et ses impacts sur la santé. Pour d’autres, c’est mettre face à face des acteurs ayant besoin d’être accompagnés, et des acteurs étant en mesure d’accompagner.
- … par une représentation plus métaphorique de son fonctionnement. Un réseau c’est à la fois un « noyau » actif, composé de personnes engagées et diverses, avec lesquelles un travail de fond peut être mené sur certaines problématiques. Mais c’est aussi un « humus » fertile, terreau d’idées nouvelles et projets émergents. Il existe une partie « visible », celle des événements et actions concrètes, et une partie immergée, faite de liens et partenariats qui se tissent dans l’ombre.
Plusieurs questions sont également soulevées, et constituent autant de pistes de réflexions pour le réseau :
- Si le réseau est « générateur » de projets collectifs, comment faciliter l’implication des adhérents dans ces dynamiques ? Comment faire émerger des initiatives communes à partir d’idées individuelles ?
- S’il y a un « noyau dur » d’acteurs actifs au sein du réseau, comment préserver son ouverture ? A la fois en termes d’acteurs, de territoires, et d’échelles. Comment ce qui se passe au niveau national et international peut nous nourrir ? L’enjeu est de rester un réseau ouvert plutôt qu’un club fermé.
- Enfin, la question de la place de la controverse dans le réseau est posée. Le réseau est-il un lieu de controverses ? Comment peuvent-elles être traitées ? Comment maintenir les échanges autour de ces enjeux ?
Nous avons également pris le temps, de revisiter les actions en cours au sein du réseau, en filigrane d'une question centrale : quels leviers au sein du réseau, pour répondre aux défis que nous rencontrons en matière de santé environnement sur les territoires ?
Nous avons pour cela pu compter sur les éclairages d'adhérents impliqués dans les groupes-projets du réseau. Un grand merci aux intervenantes !
Plusieurs leviers ont été mis en avant :
- Construire un langage commun en santé environnement. Les projets au sein du réseau rassemblent des acteurs aux profils variés autour de problématiques partagées, contribuant à l’émergence d’un langage commun. Cela a été particulièrement mis en lumière lors du colloque 2023 « La recherche en santé environnement et les territoires franciliens : comment mieux coopérer », où la nécessité d’une compréhension partagée en chercheurs et acteurs de terrain a été soulignée. Voir le livre blanc.
- Explorer de nouvelles approches. Les groupes-projets offrent des espaces de travail entre pairs, propices à la prise de recul sur les pratiques. Par exemple, le groupe-projet sur le renforcement de l’observation en santé environnement a permis de confronter les pratiques, d’interroger les méthodes et de poser les bases sur lesquelles s’appuyer et développer de nouvelles approches.
- Soutenir l’action individuelle. Le réseau constitue un appui pour les membres dans leurs travaux et réflexions : accès à des ressources, consolider ses arguments pour convaincre dans sa propre structure, renforcer ses compétences.
Quelques principes de fonctionnement associés, sont ressortis :
- Ouvrir les réflexions à de nouveaux acteurs et de nouvelles questions. Le fait que les réflexions soient portées par une pluralité d’acteurs, permet d’intégrer des perspectives parfois peu présentes dans les réflexions. Le colloque 2024 « La santé environnement dans les territoires, observer pour mieux agir » a ainsi permis de questionner les pratiques d’observation à l’échelle des collectivités, y compris départementale, avec ses spécificités. Il s’agit de favoriser les espaces ouverts, où chaque acteur peut se saisir d’un sujet en lien avec ses missions et intérêt, et y contribuer.
- Agilité dans la construction des projets. Faire confiance à la dynamique en considérant que les personnes présentes sont les bonnes pour faire avancer les sujets à un instant donné. Les liens, connexions, partenariats, se créent au gré des échanges, sans forcément que cela soit programmé. Les projets se construisent de manière souple, en valorisant les dynamiques spontanées.
- Énergie volontaire et réciprocité. Le réseau repose sur l’engagement volontaire des adhérents, dans une logique d’échange bidirectionnel : ce que chacun apporte (expertises, ressources, événements, missions) et ce que chacun retire du réseau (inspiration, soutien, questionnement sur ses propres actions). Cette dynamique encourage les approches transversales et encourage la participation à de nouveaux projets.
Ce temps convivial a permis de faire une pause réflexive sur le fonctionnement du réseau : ses atouts, les aspects à consolider, et les nouvelles pistes de travail à explorer. A partir de cette photographie, et à l’approche de 2026, le réseau pourra capitaliser sur ces enseignements pour nourrir les prochaines actions.
Boîte à outils

